Pourquoi il faut combattre TAFTA

           

« Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. » David Rockefeller, 1999

Ici, vous trouverez également des explications développées, sur les normes sociales, et sur les municipalités

LES DANGERS

Contre le mandat des négociations avec les USA, donné à la Commission Européenne à Bruxelles, dans le plus grand secret, en l’absence totale d’information des parlementaires français et nationaux, et des citoyens ! Dans le plus grand secret et dans le dos des citoyens français et européens.

Contre la nouvelle tentative de mainmise des entreprises sur les états, les pouvoirs publics élus par les citoyens et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Contre le tout-économique et financier au détriment de la protection sociale en France et en Europe (droits du travail, de la Santé, de l’environnement de l’éducation et de la culture.

Contre les tribunaux spéciaux d’arbitrage privés, au seul profit des intérêts privés des firmes et en violation du pouvoir des tribunaux légaux organisés dans l’intérêt du bien public, voir l’Alena

NOUS SOMMES POUR :

Pour la primauté des droits imprescriptible des citoyens et des gouvernements, face aux appétits des puissances financières, et notamment des multinationales et des entreprises,

Pour la primauté des réglementations sociales concernant le Travail, la Santé, l’éducation et la culture et l’environnement, face aux seuls profits des financiers et des spéculateurs !

Informez vos proches et collègues, car nous serons gravement touchés par ce carcan financier !

Pétition nationale et l’ettres d’opposition aux maires, députés, Conseils régionaux et généraux, ministres et président de la république (Vous pouvez le faire à partir du lien du Monde diplomatique).

Quelques exemples de la nuisance potentielle du Traité Transatlantique :

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : Nos normes plus strictes que les normes américaines et que les « normes internationales » (niveaux de pesticides, contamination bactérienne, additifs toxiques, OGM, hormones, etc.), pourraient être condamnées comme « barrières commerciales illégales ».

GAZ DE SCHISTE : Les gouvernements européens ne réglementeraient plus les exportations de gaz naturel vers les nations TAFTA. La fracturation hydraulique pourrait devenir un droit pour les sociétés qui pourraient exiger des dommages et  intérêts auprès des nations qui s’y opposent.

EMPLOI : Les entreprises souhaitant délocaliser dans les états concernés par le projet TAFTA où les salaires sont inférieurs, seraient protégées. L’Inspection et le code du travail devenant illégaux, plus de préavis de licenciement. Pôle emploi devrait être privatisé ou serait attaqué en justice par les sociétés d’intérim pour concurrence déloyale. Les conséquences du TAFTA sur le taux de chômage en Europe ne seraient que néfastes.
SANTÉ & RETRAITES : Les médicaments pourraient être brevetés plus longtemps, les groupes pharmas pourraient bloquer la distribution des génériques. Les services d’urgence pourraient être privatisés. Les Assurances privées pourraient attaquer en justice les CPAM pour concurrence déloyale. Les retraites par répartition pourraient être démantelées, les compagnies d’assurances se substitueraient aux CRAM,ARRCO, AGIRC…
EAU & ÉNERGIE : Ces biens seraient privatisables. Toute municipalité s’y opposant pourrait être accusée d’entrave à la liberté de commerce, idem pour l’énergie, qu’elle soit fossile, nucléaire ou renouvelable. La sécurité nucléaire serait réduite. Le prix du gaz et du kW seraient libres.
LIBERTÉ & VIE PRIVÉE : Grâce à la révolte publique, les sociétés espérant enfermer et monopoliser l’Internet ont échoué l’année dernière à faire adopter leur ACTA répressif ; des textes plus pernicieux sont dans le TAFTA.
SERVICES PUBLICS : Le TAFTA limiterait le pouvoir des États à réglementer les services publics tels que : services à la personne, transports routiers, ferroviaires, etc. et réduiraient les principes d’accès universel et large à ces besoins essentiels.
CULTURE & PRODUCTION ARTISTIQUE : Les gros producteurs d’audiovisuel pourraient interdire les productions privées ou professionnelles à faible budget comme youtube, vimeo, dailymotion, les financements collaboratifs seraient rendus illégaux. Les musées nationaux perdraient leur droit de préemption sur les trésors artistiques nationaux au profit de collectionneurs privés.
ENSEIGNEMENT : Les universités privées pourraient attaquer en justice l’Éducation nationale pour concurrence déloyale. De la maternelle au doctorat, les sociétés privées contesteraient aux écoles, cantines scolaires et resto U, toutes subventions municipales, régionales ou nationales.
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Traités de libre-échange : le précédent de l’ALENA, signé en 1994 entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis

Hausse du chômage, de la pauvreté et des prix de l’alimentation, les mexicains sont peut-être bien les derniers à qui a profité l’accord de libre-échange. Cet accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique avait promis à ce dernier un développement économique sans précédent. A la place, le libre-marché a détruit son industrie agricole, le rendant dépendant des importations américaines. L’industrie mexicaine a été transformée en industrie de sous-traitance aux salaires toujours plus bas.

Lorsqu’arrive la proposition américaine d’accord de libre-échange avec le projet de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain), ses partisans affirment que l’ouverture des échanges profitera aux deux pays suivant la théorie des avantages comparatifs. La croissance économique du Mexique va progresser, engendrant création d’emplois, augmentation des salaires et diminution du prix de la nourriture. Le président mexicain Carlos Salinas décrit  l’ALENA, entré en vigueur le 1er janvier 1994, comme une « occasion unique de transformer le pays » et la « chance du Mexique d’entrer dans le premier monde  »(1). La rédaction du New York Times prédit  l’accroissement des « niveaux de vie dans toutes les régions du Mexique pour les peuples de toutes origines ethniques  » (2). La réalité sera toute autre.

 Un bilan social négatif

Face à l’agriculture compétitive américaine, les paysans mexicains se retrouvent ruinés. Selon Cruz Lopez Aguilar, le président de la puissante Confédération Nationale des Paysans, « 5 millions d’emplois agricoles ont été perdus et 2 millions d’hectares sont en jachère » depuis la mise en place de l’ALENA. Le chômage a également touché les employés des entreprises mexicaines. En 1994, il y avait 12 millions de pauvres au Mexique. Près de 14 ans plus tard le pays en compte plus de 50 millions dont 20 en situation d’extrême pauvreté vivant à la campagne (3).

Auparavant en situation d’autosuffisance alimentaire, le Mexique est devenu, depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA, tributaire des exportations américaines : 40% de ses besoins alimentaires (4) en dépendent. Au total, 74% des importations mexicaines proviennent des États-Unis et 89% des exportations vont vers ce pays (5). Les mexicains sont donc contraints d’acheter leurs produits alimentaires de base aux prix du marché et leur accès à la nourriture est à la merci de leur hausse. Si le salaire minimum permettait en 1994 de se procurer 38,2 kilos de tortilla, il ne permet plus en 2008 que d’en acheter 5,7 kilos (6). Couplée à la pauvreté de plus en plus importante, la hausse des prix menace d’affamer des millions de mexicains.

Au nom de son développement économique, le Mexique cherche à tout prix à privilégier les investisseurs du Nord au détriment des conditions de travail de sa population. Depuis l’ALENA, le nombre de maquiladoras, le nom donné aux usines d’assemblage mexicaines, est passé d’environ 2000 à plus de 3700 établissements en six ans. (7) Créant plus de misère humaine que d’emploi, elles bénéficient du désengagement de l’État mexicain en ce qui concerne le contrôle des lois sociales et du travail. Les employés, essentiellement des mères célibataires car plus facilement exploitables, travaillent de 10 à 12 heures par jour dans les pires conditions, manipulant parfois des produits nuisibles à leur santé sans aucune protection. Licenciées si elles tombent malades ou enceintes, elles vont jusqu’à être assassinées si elles tentent de défendre leurs droits.

 La destruction de l’agriculture mexicaine

L’agriculture est un secteur particulièrement asymétrique entre les États-Unis et le Mexique. Lorsqu’il y a 1,6 tracteurs par agriculteur américain contre 1 pour 200 au Mexique, et que les subsides annuels à l’agriculture sont de 20 000 dollars pour chaque agriculteur aux États-Unis et de 700 au Mexique (8), il n’est pas difficile de deviner qui détiendra l’avantage. En effet, les États-Unis produisent trois fois et demie plus de maïs à l’hectare que leur partenaire et ce à moindre coût (9). Face à l’ouverture de leur marché à cette agriculture industrielle, les petits agriculteurs mexicains, produisant pourtant un maïs qualitativement supérieur, n’ont pu être compétitifs et ont été contraints pour beaucoup de mettre un terme à leurs activités. La balance agricole (10) mexicaine est passée de + 581 millions de dollars à – 2 148 millions entre 1994 et 2000 (11).

Des mesures de protection pour les produits sensibles, les éléments de base de l’alimentation des mexicains avaient été prévues mais n’ont jamais été appliquées. Dès 1996, le maïs américain a été autorisé à entrer au-delà des quotas autorisés et sans taxes sur le territoire mexicain. Les prix américains étant plus bas en raison des coûts de productions inférieurs, l’importation a explosé: si elle était de 2,6 millions de tonnes en 1994, elle est passée à 7,5 en 2007 (12).

Forts de leur poids politique, les USA violent en plus constamment les accords en imposant de plus en plus de mesures protectionnistes unilatérales. Ils ont imposé une série d’embargos sur des produits issus de l’agriculture mexicaine, telles que les tomates ou les avocats. Bien qu’on invoque des insuffisances de qualité ou des règles sanitaires, ces mesures masquent en réalité une volonté de protéger ses propres producteurs. En freinant la concurrence avec le Mexique sur les produits pour lesquels ce dernier pourrait concurrencer, comme certains fruits et légumes, les États-Unis renforcent leur domination économique.

 Le Mexique, l’atelier des USA

Les maquiladoras ne servent qu’à l’assemblage de composants importés des Etats-Unis, qui une fois montés seront réexportés vers leur pays d’origine. Elles n’engendrent pratiquement aucune rentrée financière pour le pays car il n’y a pas d’utilisation de composants locaux, ni de vente locale. Si en dix ans les exportations du Mexique ont triplé, le plaçant huitième au rang mondial, ces exportations émanent de moins en moins d’entreprises mexicaines (13). Malgré l’augmentation des exportations, le déficit commercial atteint des niveaux records et de nombreuses entreprises de production mexicaines sont contraintes de fermer.

Pour les États-Unis, le principal atout du Mexique réside dans le maintien des bas salaires et du peu de contrôle des conditions de travail. Le salaire étant en effet six à huit fois inférieur à celui d’un américain, cet atout pour l’industrie américaine ne pouvait qu’être exploité à fond voir renforcé. Malgré l’augmentation de salaire que promettait l’ALENA, leur montant atteint en 2010 à peine celui de 1980. Les Maquiladoras représentent un avantage économique incontestable dans la chaine de production des produits américains: exonération de pratiquement toute forme de taxe, garanties de libre rapatriement des capitaux et des bénéfices, proximité géographique qui rend pratiquement nuls les coûts de transport,…

Pour les Mexicains, l’avantage des maquiladoras devait surtout résider dans l’emploi qu’elles allaient créer de par leur multiplication, contribuant ainsi au développement du Mexique. Si elles ont effectivement créé un certain emploi, cela a largement été compensé en négatif par les suppressions d’emploi que l’ALENA a engendré en raison de la fermeture des industries de production (plus de 28000 PME ont disparu en 10 ans) (14) et de la ruine des paysans. Même aux États-Unis les pertes d’emplois ont été nombreuses en raison de la délocalisation de la production vers le Mexique. Au moins 766 000 postes ont été éliminés de l’industrie entre 1994 et 2000 (15).